Sport & Psychologie – 6 minutes
Tu t'es déjà rendu compte que tu t'entraînes différemment selon la tenue que tu portes ? Que certains jours tu te sens puissante, décomplexée, dans ton corps et que d'autres, tu passes la séance à penser à ce qu'on voit ou ce qu'on ne voit pas ?
Ce n'est pas dans la tête. Ou plutôt si et c'est exactement là que ça se joue.
L'enclothed cognition : le nom scientifique d'un truc qu'on ressent toutes
En 2012, deux chercheurs américains, Adam et Galinsky, ont publié une étude qui a fait beaucoup de bruit dans le monde de la psychologie. Ils ont montré que porter une blouse de médecin rendait les participants plus attentifs et plus précis dans leurs tâches mais seulement quand ils savaient qu'il s'agissait d'une blouse de médecin. La même blouse présentée comme "blouse de peintre" n'avait aucun effet.
La conclusion ? Ce n'est pas le vêtement en lui-même qui change quelque chose. C'est la signification qu'on lui donne et ce qu'il nous dit sur nous-mêmes quand on le porte.
Ils ont appelé ce phénomène l'enclothed cognition : l'idée que les vêtements ne changent pas seulement notre apparence, mais aussi notre façon de penser, de nous comporter, et de performer.
Ce que ça veut dire concrètement pendant le sport
Appliquée au sport, cette théorie est fascinante et parfaitement cohérente avec ce que beaucoup de femmes vivent sans avoir de mots pour le décrire.
Quand tu enfiles une tenue dans laquelle tu te sens bien, quelque chose se passe. Tu bouges autrement. Tu te tiens différemment. Tu prends plus de place. Tu oses des mouvements que tu éviterais autrement. Ce n'est pas de la coquetterie, c'est de la neurologie.
Quand tu portes une tenue qui te préoccupe, l'effet est inverse. Une partie de ton énergie cognitive est mobilisée par la surveillance de ta tenue, est-ce qu'on voit quelque chose, est-ce que ça tient en place, est-ce que je devrais éviter cette position. C'est de la bande passante mentale qui ne va pas dans l'effort.
Des études complémentaires ont montré que les athlètes féminines qui se sentent à l'aise dans leur tenue présentent des niveaux de cortisol (l'hormone du stress) plus bas pendant l'effort, et des temps de réaction plus courts sur les exercices complexes. Le confort de la tenue n'est pas un détail c'est une variable de performance.
Les trois façons dont votre tenue vous freine sans que vous le sachiez
1. La surveillance constante
On l'a toutes vécu. Cette petite voix en fond sonore qui surveille ce que montre la tenue, ce que ressent le tissu, si la culotte a bougé depuis le dernier exercice. Ce n'est pas de la fragilité, c'est une charge mentale réelle, mesurable, qui ampute la concentration.
Des recherches en psychologie du sport ont montré que les distractions liées à l'apparence physique en cours de pratique sont l'une des principales causes de performance sous-optimale chez les sportives amateurs. Pas les blessures. Pas la fatigue. La distraction liée à ce qu'on porte et à ce qu'on montre.
2. L'inhibition du mouvement
Certaines positions, on les fait à moitié. Certains exercices, on les adapte sans s'en rendre compte. Pas parce qu'on manque de souplesse ou de force mais parce qu'on sait que dans cette position, le tissu va se comporter d'une certaine façon.
Cette inhibition inconsciente limite l'amplitude des mouvements, réduit l'engagement musculaire et, sur le long terme, peut même influencer la progression. On travaille moins bien parce qu'on bouge moins librement.
3. L'impact sur la confiance en soi
C'est peut-être le plus difficile à mesurer, mais aussi le plus profond. La confiance en soi pendant l'effort est directement liée à la façon dont on se perçoit dans la tenue. Les études sur l'image corporelle au sport sont unanimes : les femmes qui se sentent à l'aise et en confiance dans ce qu'elles portent s'accordent plus facilement le droit d'être vues, d'occuper l'espace, de faire du bruit.
Celles qui sont préoccupées par leur tenue ont tendance à se faire plus petites physiquement et mentalement.
Ce que ça nous a appris chez ITHMA
Quand on a interrogé 230 femmes au parc de la Tête d'Or, on ne leur a pas posé de questions sur la performance. On leur a demandé si leur culotte se voyait sous leur legging.
Mais dans les réponses, l'impact sur les performances revenait tout le temps. Spontanément. "Ça me déconcentre." "Je n'ose pas faire certains exercices." "Je me sens moins à l'aise, du coup je fais moins bien."
Ces femmes faisaient sans le savoir une description parfaite de l'enclothed cognition à l'envers, l'effet négatif d'une tenue qui génère de la préoccupation plutôt que de la confiance.
C'est pour ça qu'on a construit le legging ITHMA autour d'une seule obsession : que la tenue disparaisse complètement de l'équation. Pas qu'elle soit jolie. Pas qu'elle soit technique. Qu'elle ne prenne aucune place dans la tête pour que tout l'espace mental reste disponible pour ce qui compte.
Le sous-vêtement intégré, ce n'est pas un gadget. C'est une réponse directe à ce que la psychologie du sport confirme : une tenue qu'on oublie, c'est une performance qu'on libère.
En pratique : comment choisir une tenue qui vous libère
La recherche et le bon sens convergent sur quelques principes simples.
Testez votre tenue en conditions réelles avant de la valider. Une tenue qui semble parfaite en cabine peut générer des préoccupations dès les premières minutes de pratique. Le seul bon test, c'est le mouvement squat, étirement, course.
Accordez de l'importance à ce que vous ressentez, pas seulement à ce que vous voyez. Une tenue peut être esthétiquement réussie et cognitivement perturbatrice. Si elle occupe votre esprit pendant l'effort, elle ne fait pas son travail.
Éliminez les sources de distraction à la racine. Plutôt que de chercher le sous-vêtement qui se verra le moins possible, demandez-vous si vous avez besoin de sous-vêtement tout simplement. La réponse n'est pas toujours "oui".
Investissez dans des pièces qui vous font vous sentir capables. L'enclothed cognition fonctionne dans les deux sens : une tenue dans laquelle vous vous sentez forte peut littéralement vous rendre plus forte. Ce n'est pas de la pensée magique, c'est de la psychologie appliquée.
Pour finir
La prochaine fois que quelqu'un vous dit que c'est "juste une tenue" vous pouvez lui répondre que la recherche en psychologie cognitive est de votre côté.
Ce qu'on porte au sport n'est pas anodin. C'est une variable de performance comme les autres, moins mesurable que le VO2 max ou la fréquence cardiaque, mais tout aussi réelle.
Et la bonne nouvelle, c'est que c'est une variable sur laquelle on peut agir.
Ithma, marquez les esprits pas le reste.