Camille, fondatrice d'ITHMA : l'histoire d'un legging né d'une blessure

Camille, fondatrice d'ITHMA : l'histoire d'un legging né d'une blessure

Camille, fondatrice d'ITHMA : l'histoire d'un legging né d'une blessure

Publié le 21 mai 2026

Il y a des idées qui arrivent dans un moment d'euphorie. Et il y a celles qui arrivent dans un moment de douleur.

Celle d'ITHMA, c'est la deuxième catégorie.

Un matin de trop

Camille Chappet a toujours bougé. Le sport n'est pas une activité dans sa vie, c'est un état naturel. Running, yoga, basket, fitness. Elle ne se pose pas la question de savoir si elle va bouger. Elle se pose juste la question de comment.

Jusqu'au matin où elle ne pouvait plus.

Une blessure. Les ligaments croisés, à 3 reprises. Pas le genre qui fait les gros titres. Juste ce type de douleur insidieuse qui vous oblige à vous arrêter et qui vous laisse seule avec votre tête, beaucoup trop longtemps.

C'est dans ce silence forcé que tout a commencé.

La question qu'on ne pose jamais

Pour sa rééducation Camille utilisait des legging lambda, elle en portait tous les jours pour leur confort. Cependant, Camille est une femme, et elle aussi se regarde dans le miroir avant de partir, et elle remarquait constamment que son sous-vêtement était démarqué dans son legging.

Cette gêne. Cette petite vérification dans le miroir avant de partir. Cette pensée qui revenait au milieu d'un squat, d'un cours de yoga, d'un footing matinal. Est-ce qu'on voit ma culotte sous mon legging ?

Une question si banale qu'on ne l'ose même pas à voix haute. Trop petite pour mériter une vraie réflexion. Trop présente pour vraiment disparaître.

Camille a décidé de la poser. Vraiment.

230 femmes. Une réponse unanime.

Un matin, elle est allée au parc de la Tête d'Or à Lyon avec une question simple. Elle l'a posée à des femmes qui couraient, qui s'étiraient, qui rentraient d'un cours de yoga ou de fitness.

Est-ce que tu vois ta culotte sous ton legging de sport ?

85 % ont dit oui.

Et ce qui a frappé Camille, ce n'était pas le chiffre. C'était ce qui venait après. Les sourires un peu gênés. Les "ah, tu aussi tu remarques ça ?". Les témoignages qui sortaient d'un coup, comme si quelqu'un avait enfin donné la permission d'en parler.

Des femmes qui avouaient éviter certaines postures en cours. Qui se retournaient dans le miroir avant de sortir. Qui avaient arrêté certaines activités, certains clubs, certains cours parce que cette petite pensée parasite avait fini par prendre trop de place.

Ce n'était plus une question anodine. C'était un problème réel. Vécu en silence par presque tout le monde. Et résolu par personne.

18 mois pour faire ce qui n'existait pas

Camille aurait pu s'arrêter là. Constater, hausser les épaules, reprendre sa vie.

Elle a fait l'inverse.

Elle a passé dix-huit mois à chercher ce qui n'existait pas, un legging de sport avec sous-vêtement intégré, réellement invisible, conçu pour le contact direct avec la peau. Pas une couche de tissu supplémentaire. Pas un gadget marketing. Une vraie innovation textile, pensée de zéro, avec des partenaires fabricants en France.

Il y a eu des impasses. Des prototypes qui ne fonctionnaient pas. Des matières qui ne tenaient pas leurs promesses. Des moments de découragement que seuls ceux qui ont créé quelque chose de rien comprennent vraiment.

Et puis il y a eu le bon tissu. La bonne construction. Le bon équilibre entre le polyamide technique, la doublure extra-fine, et le fond de culotte en coton certifié Oeko-Tex. Trois couches pensées ensemble pour qu'on ne les ressente plus comme trois couches mais comme une seule évidence.

Ce qu'elle voulait vraiment créer

Camille ne voulait pas créer un legging.

Elle voulait créer la liberté de ne plus y penser.

Parce que derrière cette question de culotte, aussi petite qu'elle puisse paraître, il y avait quelque chose de plus profond. Cette énergie dépensée à surveiller sa tenue au lieu de profiter de sa séance. Cette confiance en soi grignotée séance après séance, millimètre par millimètre. Ce sport qu'on pratique en mode surveillance plutôt qu'en mode performance.

Elle avait vécu ça. Les 230 femmes du parc de la Tête d'Or avaient vécu ça. Et quelque part, d'une façon ou d'une autre, tu l'as probablement vécu toi aussi.

ITHMA est né de ça. D'une blessure qui a créé un silence. D'un silence qui a créé une observation. D'une observation qui a créé une conviction. Et d'une conviction qui n'a pas lâché jusqu'à ce qu'elle devienne réelle.

Trois ans plus tard

Aujourd'hui, ITHMA existe depuis trois ans. Camille a choisi de construire quelque chose de solide, des labels exigeants (Oeko-Tex Standard 100, REACH Compliant, ISO 9001), une fabrication tissus en France.

Chaque legging qui part d'ici est le résultat de ces dix-huit mois d'obstination. De cette question posée à 230 femmes dans un parc. Et de cette conviction simple, inébranlable que les femmes méritaient mieux que de passer leurs séances à se demander ce qu'on voyait d'elles.

"Si le legging avec sous-vêtement intégré n'existait pas, alors j'allais l'inventer."

Elle l'a inventé.

Et si tu es là, à lire ces lignes, c'est peut-être parce que toi aussi tu avais cette question quelque part dans la tête et que tu n'osais pas vraiment la poser.

Elle attendait juste d'être résolue.

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